ATELIER NATIONAL: MADAGASCAR, LE PARADIS RETROUVÉ…Madagascar Tribune 22.08.2002 "Madagascar, rediscovered Paradise" ou "Madagasikara, Edena vaovao". Tel est le slogan retenu à l'issue de l'"Atelier pour la relance du Tourisme et de l'Ecotourisme" qui s'est tenu les 20 et 21 août 2002, à l'hôtel Panorama d'Andrianarivo. Mais, en fait, tout ne fait que commencer... Bilan sur ce qu'il y a (beaucoup) à faire. • 83,6 millions de dollars Tout le monde s'est mis d'accord sur le fait que le secteur touristique malgache était sinistré. Pour les acteurs du Tourisme, la crise n'en est qu'à ses débuts. Auparavant, c'était la "pré-crise". Le ministre Ntsay Christian a été clair : " Il est évident qu'à travers les travaux effectués par les diverses commissions, nous pouvons affirmer que nous possédons, désormais, un programme précis et cohérent pour la relance du secteur du Tourisme. Or, nous avons besoin de 70 millions de dollars pour le réaliser ". Dans le concret, c'est exactement de 83,6 millions de dollars dont le secteur touristique malgache a besoin pour les deux années à venir. Soit 13,3 millions pour 2003 et 70,3 millions pour 2004. Le défi est qu'à l'aube de 2007, Madagascar verra la venue de 500.000 touristes. Mais, avant d'atteindre cet objectif, quatre conditions globales et transversales demeurent incontournables. 1. Un climat psycho-politique et socio-économique stable et sécurisant; 2. Une amélioration des infrastructures de désenclavement et de viabilisation (télécommunications; hôpitaux, routes et eau potable...); 3. Un transport aérien épousant entièrement la politique de développement du Tourisme; 4. Un cadre législatif et réglementaire incitatif touchant des actions de facilitation et d'accompagnement en faveur des investissements privés nationaux et étrangers, touchant les domaines de financement et de fiscalité. • Exemples concrets Parmi les recommandations que nous avons retenues -elles sont nombreuses-, citons les suivantes : création d'un site web et d'une banque de données; formalisation du marché du travail; renforcement de la capacité de création de nouveaux produits; incitation à la civilisation du Tourisme dès l'école primaire; lutte contre le secteur informel... Concernant particulièrement la lutte contre le tourisme sexuel, le Sida et le trafic de drogues, le Comité National du Développement du Tourisme se réunira incessamment pour examiner et surtout définir les premières actions à prendre pour juguler ces fléaux. A propos de l'Ecotourisme, il a été établi la très prochaine élaboration de la Stratégie Nationale de la Promotion de l'Ecotourisme. Cette entité comprendra incontournablement les départements ministériels de la Culture, de l'Environnement, des Eaux et Forêts, des Transports. • Recommandations Sur le plan de la restructuration des dispositifs de promotion de la destination Madagascar, tous ont été d'accord pour la mise en place des offices du tourisme au niveau des zones d'intérêt touristique (ZIE) et des réserves foncières (RF). Il s'agira de doter chaque pôle touristique régional de moyens structurels et financiers afin de se prendre en charge, en terme d'activités de promotion. Il demeure également vital de mettre en place une structure légère sur le plan national, ayant pour mission : de coordonner les activités communes des différents offices du tourisme; de jouer le rôle d'interface vis-à-vis des différents Bureaux de Tourisme à l'étranger. Dans ce sens, s'avère incontournable un partenariat tripartite secteur public-secteur privé-bailleurs de fonds, afin d'approfondir les études et lancer les réalisations. C'est à l'unanimité qu'il a été recommandé de redresser, réhabiliter et pérenniser l'INTH (Institut national du tourisme et de l'hôtellerie). Pour les opérateurs œuvrant en dehors de la capitale, il s'avère nécessaire de créer des unités mobiles de formation au sein même de l'INTH, afin de répondre aux besoins pressants en matière de formation adéquate du personnel. Enfin, et non des moindres, les premières vitrines du pays que constituent les aéroports. L'approche consistera à sensibiliser et former les officiels des aéroports afin de donner une autre image plus professionnelle et plus organisée du tourisme malgache. • Finalité Laissons la parole à Ntsay Christian, ministre du Tourisme : "Le boom touristique que nous attendons tous à l'aube de 2007 sera l'aboutissement de toutes ces actions cohérentes et complémentaires. Le ministère du tourisme compte jouer un rôle catalyseur important dans la coordination de la valorisation des potentiels humains, des ressources naturelles et culturelles malgaches, et des capacités touristiques de la Grande île, en vue du développement du Tourisme et de l'Ecotourisme, de manière rapide et durable. En effet, l'industrie du Tourisme doit, à partir de maintenant, s'affirmer de plus en plus en tant que facteur déterminant de la croissance économique de Madagascar et en tant qu'important levier de réduction de la pauvreté". Bref, le paradis est à notre portée, si... Jeannot RAMAMBAZAFY |