MADAGASCAR: L’adieu au franc malgacheCourrier International 27.05.2003 La Grande Ile va abandonner le franc malgache dit FMG pour adopter l’ariary, une unité monétaire dont le nom ne fait plus référence au passé colonial. La décision a été officiellement annoncée par le président Marc Ravalomanana lors d’une visite au ministère des Finances. Le gouvernement s’est déjà mis à l’oeuvre en procédant à des modifications relatives au statut de la Banque centrale. La réforme monétaire est commentée par l’ensemble de la presse malgache. “Dans les médias demain” (“DMD”) détaille l’opération : “Les billets de banque actuellement en circulation vont être retirés du circuit et remplacés par de nouveaux. Ces derniers seront caractérisés par la mise en exergue de l’ariary en tant qu’unité de compte. Le FMG continuera à figurer en petites lettres dans une phase de transition.” Par ailleurs, les nouvelles coupures seront de plus petite taille et plastifiées. D’après “DMD”, c’est “la revanche de l’ariary”, l’unité de compte traditionnelle équivalente à 5 FMG et surtout communément utilisée par la très grande majorité de la population. En effet, “le franc malgache n’a jamais été ‘internalisé’ dans le monde rural”, note l’hebdomadaire francophone malgache. Néanmoins le changement soulève de formidables défis techniques, qui “nécessiteront une période de transition et d’adaptation relativement longue”. “DMD” avance un délai de deux ans minimum, “au vu de l’expérience de l’euro et du degré de développement de Madagascar”. Secteur public ou privé, le basculement de monnaie pose les mêmes problèmes, nécessitant une sérieuse préparation et des outils adaptés, notamment informatiques. La réforme permettra également de lutter contre le blanchiment d’argent et les faux-monnayeurs. Par ailleurs, le quotidien “Midi Madagasikara” rapporte l’explication fournie par le gouverneur de la Banque centrale selon lequel, la “démonétisation” vise à neutraliser d’importantes sommes de fonds publics qui auraient été frauduleusement retirés de la Banque centrale au moment fort de la crise de l’année dernière. PhR |