Deux juristes malgaches à l'honneur: RAYMOND RANJEVA ELU VICE-PRESIDENT DE LA CIJ ARLETTE RAMAROSON REELUE AU TPI

Il a été le premier Malgache à avoir été élu par le Conseil de sécurité puis par l'Assemblée générale des Nations Unies, en novembre 1990, à la Cour Internationale de Justice (CIJ) et installé dans ses fonctions le 6 février 1991, au cours d'une séance publique au Palais de la Paix, à la Haye.

R.O.

Exploit

Le Professeur Raymond Ranjeva, car il est question de lui, devait réussir l'exploit de se faire réélire, en novembre 1999, en qualité de juge, au sein du principal organe judiciaire onusien qui compte quinze membres. Et ce, pour un second mandat de neuf ans. Il est le premier ressortissant de l'Afrique, voire du Tiers-Monde, à avoir réalisé pareille performance, surtout compte tenu de la procédure de vote ou du mode de scrutin. Les membres de la CIJ sont, en effet, élus parmi une liste de candidats présentés au Secrétaire général des Nations Unies par les groupes nationaux des Etats membres de l'organisation ou les parties au statut de la Cour comme la Suisse.

Score inédit

Pour être élu, le candidat doit recueillir, au même tour de scrutin, la majorité absolue des voix, à la fois au Conseil de sécurité et à l'Assemblée générale. Si un nom ne satisfait pas à cette double condition de majorité au même tour, le scrutin est recommencé et peut aller jusqu'à une dizaine de tours. Rappelons que lors de sa première élection en 1990 et face au candidat sénégalais considéré pourtant comme favori, le professeur Raymond Ranjeva avait été élu par 11 voix sur 15 au Conseil de sécurité et par 90 voix à l'Assemblée générale qui comptait 160 membres. En 1999, il avait été réélu avec une majorité confortable au niveau des deux organes onusiens. Quatorze voix sur quinze au Conseil de sécurité et 159 sur 177 à l'Assemblée générale. Un score électoral inédit en Afrique et dans le Tiers Monde.

Rayonnement

Heureuse coïncidence de dates pour ce juriste de renom international qui a été élu vice-Président de la Cour Internationale de Justice, hier, 6 février 2003. Douze ans exactement, jour pour jour, après son entrée à la Haye, en tant que représentant du système juridique africain d'expression française, quoique cet agrégé de droit public maîtrise tout aussi bien la langue de Shakespeare. Son ambassadeur d'épouse étant titulaire d'une agrégation en anglais. Ceci expliquant cela, du moins en partie, car l'ancien recteur de l'Université de Tana et professeur de finances publiques et de droit international public à Ankatso, est un illustre érudit qui a contribué et contribue grandement au rayonnement de Madagascar sur le plan international. Non seulement par ses fonctions de juge à la Cour Internationale de Justice dont il est depuis hier, le numéro Deux, mais également à travers ses nombreux ouvrages et traités qui ont… droit de cité.

TPI

Un second juriste malgache - privatiste pour sa part - renforce la présence de la Grande Ile dans l'arène internationale puisque Mme Arlette Ramaroson a été réélue, le 31 janvier 2003, au sein du Tribunal Pénal International (TPI) pour le Rwanda, lors de la 80e séance plénière de la 57e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. Cet éminent magistrat siègera pour un second mandat de 4 ans au TPI, mis en place après le génocide dont le pays sus-cité, a été le théâtre.